Ces papiers d'Amérique(s) sont aussi à leur manière les papiers d'un jour.

Un journal, peut-être ? Un carnet, plus sûrement. Des notes et des impressions. Des textes gouvernés par la circonstance. Improvisés quand il faut. Mal écrits souvent, à la hâte ou sur le vif.

D’une intention encore mal éclaircie. Ils (se) cherchent moins quelque patronage littéraire qu'à découvrir cette intention.

Des papiers, encore. Drôle de matière. Moins emblème que dissonance, lorsqu’on les mesure à leurs ponctuations numériques. Il arrive toutefois qu'ils s’accordent avec le sens qu'ils possèdent en langue anglaise. Ils (re)deviennent alors une catégorie du discours.

Ce sont généralement plutôt des brèves, des citations ou des gloses. Des bouts d'expérience, qui deviennent par accident métaphores. Des morceaux d'actualité. Et pour tout dire, les digressions y occupent le centre.

Les dates qui leur répondent, aléatoires ou affectives, ne tiennent elles-mêmes que de fendre un peu des événements de nature très diverse, intimes ou publics, quelconques - incertains.

Pour l'essentiel, tout y est vu d'ici.

vendredi 2 octobre 2020

TRAITS D'ESPRIT

      Hamelin, toujours. Dans sa musette, ce joueur de flûtes a quelques tours et traits d’esprit : la scène du billard sur le campus McDonald de McGill avec Burné : « C’est réconfortant de constater que le régime universitaire ne comporte que trois cycles, alors que l’enfer de Dante comprend, quoi ? sept cercles ? » (ibid., p. 206). Ou : « – Vois-tu, Burné vient juste de lire Sade, et ça l’a un peu marqué. Il investit beaucoup dans ses lectures de chevet. – C’est rare, de la philosophie qui fait bander, grommelle Burné. » (p. 217)…