Ces papiers d'Amérique(s) sont aussi à leur manière les papiers d'un jour.

Un journal, peut-être ? Un carnet, plus sûrement. Des notes et des impressions. Des textes gouvernés par la circonstance. Improvisés quand il faut. Mal écrits souvent, à la hâte ou sur le vif.

D’une intention encore mal éclaircie. Ils (se) cherchent moins quelque patronage littéraire qu'à découvrir cette intention.

Des papiers, encore. Drôle de matière. Moins emblème que dissonance, lorsqu’on les mesure à leurs ponctuations numériques. Il arrive toutefois qu'ils s’accordent avec le sens qu'ils possèdent en langue anglaise. Ils (re)deviennent alors une catégorie du discours.

Ce sont généralement plutôt des brèves, des citations ou des gloses. Des bouts d'expérience, qui deviennent par accident métaphores. Des morceaux d'actualité. Et pour tout dire, les digressions y occupent le centre.

Les dates qui leur répondent, aléatoires ou affectives, ne tiennent elles-mêmes que de fendre un peu des événements de nature très diverse, intimes ou publics, quelconques - incertains.

Pour l'essentiel, tout y est vu d'ici.

samedi 5 août 2017

PRÉCISION

Lever l’ambiguïté. Il ne s’agit pas de mettre en cause l’ampleur et la qualité du chantier épistolaire ci-dessous. Mais comment les lettres font entrer dans l’œuvre. Encore moins d’envisager une poétique de Kerouac – absurde (rires) : cela sort absolument de mes compétences – déjà fait bien sûr ; surtout, il existe des myriades d’archives sonores et même visuelles, d’écrits (sur, autour, après) accumulés, plus longs que The Original Scroll lui-même à ce sujet. Mais voir ce que Kerouac fait (ou ne fait pas) dans le champ des questions que j’essaie de porter. Et finalement : pourquoi cet intérêt, apparemment décalé, si on le mesure aux objets ordinaires qui sont devenus les miens au fil du temps ? Le sens de cette traversée. Peut-être destinée à rien. On verra.