Ces papiers d'Amérique(s) sont aussi à leur manière les papiers d'un jour.

Un journal, peut-être ? Un carnet, plus sûrement. Des notes et des impressions. Des textes gouvernés par la circonstance. Improvisés quand il faut. Mal écrits souvent, à la hâte ou sur le vif.

D’une intention encore mal éclaircie. Ils (se) cherchent moins quelque patronage littéraire qu'à découvrir cette intention.

Des papiers, encore. Drôle de matière. Moins emblème que dissonance, lorsqu’on les mesure à leurs ponctuations numériques. Il arrive toutefois qu'ils s’accordent avec le sens qu'ils possèdent en langue anglaise. Ils (re)deviennent alors une catégorie du discours.

Ce sont généralement plutôt des brèves, des citations ou des gloses. Des bouts d'expérience, qui deviennent par accident métaphores. Des morceaux d'actualité. Et pour tout dire, les digressions y occupent le centre.

Les dates qui leur répondent, aléatoires ou affectives, ne tiennent elles-mêmes que de fendre un peu des événements de nature très diverse, intimes ou publics, quelconques - incertains.

Pour l'essentiel, tout y est vu d'ici.

jeudi 20 juillet 2017

LOG-BOOK : 48.8316° N, 64.4869° W


On ne saurait être plus dupe de son nom micmac. Le bout du monde est son unique prétention. L’histoire a été définitivement balayée par les vents et les neiges. Il n’en reste que trois baraques à folklore, où ces dames grotesquement déguisées attendent le touriste comme d’autres, mieux fardées, le client. Ces huttes postiches ne valent pas même un stand de frites et de sandwichs dégouttant de graisse. Sur la place du Découvreur, une vue sublimement pittoresque sur la moderne IGA et le concessionnaire Ford. Le néant architectural (sans goût aucun, un ancien bazar devenu désert) y consacre la dispersion d’âmes gelées entre deux rives saison après saison. 15 000 tout au plus. Il ne subsiste qu’une croix grandiloquemment chrétienne, si rustique et rustaude qu’elle déprimerait à leur passage un banc de dauphins hilares et farceurs.