Ces papiers d'Amérique(s) sont aussi à leur manière les papiers d'un jour.

Un journal, peut-être ? Un carnet, plus sûrement. Des notes et des impressions. Des textes gouvernés par la circonstance. Improvisés quand il faut. Mal écrits souvent, à la hâte ou sur le vif.

D’une intention encore mal éclaircie. Ils (se) cherchent moins quelque patronage littéraire qu'à découvrir cette intention.

Des papiers, encore. Drôle de matière. Moins emblème que dissonance, lorsqu’on les mesure à leurs ponctuations numériques. Il arrive toutefois qu'ils s’accordent avec le sens qu'ils possèdent en langue anglaise. Ils (re)deviennent alors une catégorie du discours.

Ce sont généralement plutôt des brèves, des citations ou des gloses. Des bouts d'expérience, qui deviennent par accident métaphores. Des morceaux d'actualité. Et pour tout dire, les digressions y occupent le centre.

Les dates qui leur répondent, aléatoires ou affectives, ne tiennent elles-mêmes que de fendre un peu des événements de nature très diverse, intimes ou publics, quelconques - incertains.

Pour l'essentiel, tout y est vu d'ici.

vendredi 28 juillet 2017

« ÉCOLOGIE » DES LANGUES

Micro-dossier à verser au chapitre de l’écologie des langues : http://www.ledevoir.com/motcle/serie-langues-autochtones.

EN PARTICULIER

En particulier, la physique – l’érotique même des détails, que j’admire par ailleurs dans certains films, ce dernier dévorant le plan et la lumière.

STASES

En revue : tous les Contes et nouvelles de Maupassant. Malgré les codes et stéréotypes XIXe siècle de la narration, les temps nombreux de culmination du récitatif. À creuser. (Aussi, à titre plus général, et aussi personnel : il n’y a rien à faire, mais dans le genre « récit », court ou long, ce qui m’attache le plus, au contraire de ce qu’on cherche peut-être quand on apprend – jeune – à lire, et que prend alors le goût de la lecture, ce sont décidément les stases descriptives, ces instants privilégiés, peut-être parce qu’ils tournent potentiellement le récit vers le poème, je ne sais.)

FABLIER


En règle générale, la vie ne prête guère à rire mais je dois être à l’humour ces temps-ci, disponible. Le fablier de Sedaris : Squirrel Seeks Chipmunk. A Modest Bestiary (Back Bay Books, 2010). Il y a évidemment les outrances, les caricatures, les grossissements, qu’on partage plus ou moins : « The Grieving Owl », l’anus de l’hippopotame et ses sangsues chanteuses ; les « Vomit-Eating Flies ». Mais la tradition des caractères, le récit des ruses animales, les clausules à renversement (« The Motherless Bear », « The Crow and the Lamb », « The Mouse and the Snake »), les équivoques verbales – en récriture. Efficaces, les visées satiriques comme « The Migrating Warblers », passant l’hiver au Sud, leurs « hilarious tales of lazy natives, of how bumbling they were, how backward and superstitious », préférant malgré tout l’Amérique Centrale à la Floride car c’est tout de même plus « cheap » (p. 13) là-bas ; ou l’interview journalistique entre le perroquet et le « potbellied pig », nouveau directeur de Musée local : « I’ve done a little legwork, and it seems that you’re officially registered with your health-care provider as a Vietnamese potbellied pig. So let’s turn our thoughts eastward, shall we […]. How will your ethnicity reflect itself in regard to our museum? Can we expect to see more Oriental art? » (p. 121). Etc.